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Historique

SOMMAIRE


UN PEU D'HISTOIRE

Située le long du Rhin, à cheval sur la basse plaine et la basse terrasse rhénane, marquée par un talus d’une vingtaine de mètres de haut, la commune de Kembs est connue dès l’antiquité, la station de Cambete, à la jonction des voies antiques nord-sud, est ouest et du passage sur le Rhin, est mentionnée sur la carte de Peutinger et sur l’itinéraire d’Antonin.

Le castel romain du 1er siècle devint une résidence impériale et une importante forteresse au 4e siècle. Une découverte récente faite en 1950 lors du creusement du grand canal d' Alsace confirme cette importance : il s'agit des vestiges d'une pile de pont en maçonnerie sur le Rhin. Sa construction remonte à la fin du 1er siècle . Du moyen âge jusqu' à la guerre de Trente Ans, le village fut partagé entre les deux plus importants propriétaires, l'évêque et le prieuré Saint Alban de Bâle  : paroisse et église sont cités au 12e siècle.

Détruit au cours des 14e et 15e siècle, le village fut reconstruit et agrandi à l'ouest de la rue principale, à partir de 1550, selon un quadrillage plus régulier qu'à l'est. Après les destructions de la guerre de Trente Ans, le village fut unifié. C'est vers 1680 que fut établie la liaison postale. C'est également à la fin du 17e siècle que s'installa une communauté juive dont le lieu de culte fut rasé entre 1918 et 1945. Entre 1761 et 1823, la commune absorba une partie du territoire de la Chaussée ou Neuweg, qui comprenait les lieux-dits Schaeferhof, Loechle et Richardshaeuser, annexes formées au temps de Louis XIV le long de l' axe de circulation nord sud.

Les redoutes et corps de garde construits le long du Rhin à partir de 1677 ont tous été supprimés. Le 19e siècle a été marqué par la construction du canal de Huningue, rendu navigable en 1830. Un siècle plus tard, la commune sera transformée par la construction de l'usine hydro-électrique, inaugurée le 9 octobre1932 par le président de la République Albert Lebrun. Lors du conflit de 1939-1945, la commune fut sinistrée à 65 %.

Le Relais de poste (45, 47 rue Maréchal Foch )

La famille HEITZ, cabaretiers à Kembs (cabaret au cerf) depuis 1625, est citée comme maître de poste à partir de 1680. Les actuels bâtiments ont été construits pour Jean THIEBAUT, et sont datés de 1739 sur la porte d'entrée sur rue ; sur le linteau de la porte de grange est gravée l'inscription : 1750, Catherina LAMBERT (épouse de Jean THIEBAUT), Franz Xavier Heitz ter Sohn (son fils) ; le bâtiment annexe sur rue porte la date 1771 inscrite sur l'enduit du pan de bois d'origine ; il a été entièrement reconstruit sur les mêmes fondations et servit de café vers 1900, sans doute lorsqu' une brasserie s'installa dans la maison.

Le bâtiment principal, à gouttereau sur rue, comporte un sous-sol et un étage carré sous un toit à grandes croupes ; l'étage est desservi par un escalier en bois, avec rampe à balustres plats ; la grange-étable, en fond de cour, est entièrement en pierre, avec pignons couverts ; dans l'angle de la parcelle, l'ancien café au cerf comporte un sous-sol voûté en berceau, date 1771, un vestige de mur en pan de bois, un étage carré et un étage en surcroît plus récents ; il est prolongé par un bâtiment annexé en brique. Actuellement, la parcelle d'origine a été morcelée et la maison transformée en chambres d’hôtes par la famille WIDMER.

Moulin à farine Stichmuhle (10 rue des Acacias)

D'après les archives, une demande de construction de moulin fut déposée en 1599, au bénéfice de Jacob ZELLER, meunier de Petit Kembs. Fondé par les HABSBOURG, il ne fut édifié qu' en 1612 1614 ; sur le plan sont indiquées 6 roues motrices. Détruit en 1632, pendant la guerre de Trente ans, il fut reconstruit à la fin du 17e siècle, en 1689 d'après les travaux historiques. La famille SCHALLER en resta propriétaire jusqu' à la Révolution.

Au cours du 19e siècle, il devint la propriété, entre autres, des familles KLEMM et KANNENGIESER. L'état des moulins de 1853 1854, mentionne la présence de la scierie, et de 3 roues hydrauliques, mues grâce à une chute d' eau de 1,10 mètre, l'actuel bâtiment servant de scierie date de 1855 et a été construit par le marchand de bois KRAFFT, la date de 1851 a été gravée sur un pilier d'angle . L'ensemble des machines furent modernisées en 1919.

Le bâtiment principal comporte des parties en moellons de calcaire et en brique, recouvertes d'enduit ; le soubassement du côté du ruisseau, destiné à supporter la roue verticale alimentée par dessous, est en pierres de taille, de même que le 1er niveau de la scierie qui est protégée par un toit à grandes croupes. Le moulin cessa toute activité en 1959. Les bâtiments ont été démolis en 2012.

La Maison d'éclusier

(tour de commande et bâtiment adminsitratif) de l'écluse Kembs-Niffer

La maison de l'éclusier, qui servait également de bâtiment administratif, ainsi que la tour de commande des vannes, sont l'oeuvre de l'architecte le Corbusier. Les bâtiments, commandés en 1960, n'étaient pas encore terminés en 1961, lors de l' inauguration du nouveau tronçon du canal entre Mulhouse et le grand canal d' Alsace. Il s'agit ici de la seule réalisation de Le Corbusier en Alsace et de l'une de ses rares commandes officielles.

L'usine hydroélectrique de Kembs

La construction de Kembs sera réalisée de 1928 à 1932, par la société « Energie Electrique du Rhin » créée par René KOECHLIN. Endommagée à deux reprises durant la guerre de 1939/1945, la centrale de Kembs est nationalisée le 8 avril 1946.


La centrale possède deux turbines verticales Kaplan et 4 turbines « hélice », plus anciennes mais modernisées en 1983. En cas d'interruption de fonctionnement, l'eau est évacuée par des vannes déchargeurs.

C’est à Kembs que se situe le Poste Hydraulique de Vallée du Rhin (PHV) entièrement automatisé depuis 1976, qui pilote la production d'énergie de toutes les centrales hydroélectriques situées sur le Rhin, de Kembs à Iffezheim.

Le barrage de Kembs

Le barrage de Kembs alimente le Grand Canal d'Alsace où sont installés 4 aménagements (centrales hydroélectriques et écluses): Kembs, Ottmarsheim, Fessenheim et Vogelgrün. Le barrage à 5 passes de 30m dévie au maximum 1 400m3/s dans le Grand Canal d'Alsace, le surplus étant déversé dans le Rhin. Un débit permanent minimum, 20m3/s en hiver et 30 m3/s en été, est réservé au Rhin naturel pour la préservation de sa faune et de sa flore.

Ce barrage régule de débit du Rhin et maintient à un niveau quasi constant le niveau du Grand Canal d'Alsace. C'est le premier ouvrage en amont avant la frontière Suisse. Près du barrage, aménagé en passage transfrontalier, une passe à poissons permet aux poissons migrateurs de gravir un dénivelé de près de 12m entre le Rhin et le Grand Canal d'Alsace.

 

René KOECHLIN : Un homme exceptionnel

Né à Buhl près de Guebwiller, le 4 Août 1866, sixième fils de Jean KOECHLIN (192) et d'Anne-Marie BEUCK.

René KOECHLIN fit ses études à Strasbourg sous le régime allemand, d'où il s'expatrie à 16 ans pour ne pas être Allemand.
En 1883, il entre à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich où l'avait déjà précédé son frère aîné, Maurice, l'éminent constructeur de la Tour Eiffel, et en sort premier en 1887 avec le diplôme d'ingénieur civil. Il acquiert alors la nationalité suisse.

Sa brillante carrière d'ingénieur, puis d'administrateur, le conduit successivement à Paris, Zurich, Bâle et Mulhouse, s'exerçant dans les domaines du génie civil, de l'hydraulique et de l'électro-technique.

Très tôt, il conçut le projet qui devait devenir l'œuvre maîtresse de sa vie : l'utilisation de l'énergie hydraulique du Rhin au profit de l'industrie alsacienne.

Dès 1893, il en avait établi un avant-projet et, en 1902, il présente à la Société Industrielle de Mulhouse son premier projet détaillé d'une usine hydro-électrique, en aval de Bâle, sur le Rhin, dont la chute était formée en partie par un barrage, en partie par un canal latéral.

Ce projet, très discuté, parait, pour l'époque, d'une ampleur et d'une audace exceptionnelles. René KOECHLIN entame alors, avec les gouvernements intéressés d'Alsace et du Grand Duché de Bade, et la Commission Centrale du Rhin, des négociations qui dureront de longues années et n'aboutiront qu'après la première guerre mondiale.

Le gouvernement français ayant été mis en possession, par le Traité de Versailles, du droit d'établir, le long du Rhin, un canal de dérivation pour la navigation et l'utilisation de la force motrice, René KOECHLIN présente en 1919 un nouveau dossier pour le projet complet de l'aménagement de ce canal entre Bâle et Strasbourg.
Le Grand Canal d'Alsace - avec 8 chutes successives comprenant chacune usine et écluses ainsi qu'un projet détaillé de son premier échelon avec l'usine hydroélectrique de Kembs.

Le projet du Grand Canal d'Alsace ayant été approuvé et les concessions suisse et française étant accordées, René Koechlin fonde, en 1927, la société "Energie Electrique du Rhin" pour la réalisation de l'usine hydroélectrique de Kembs.

L'inauguration officielle de cette usine eut lieu en présence du Président de la République et de plusieurs ministres, le 9 Octobre 1932.
Ainsi s'achevait, grâce à la créativité et à la ténacité de René Koechlin, la première étape de l'équipement hydro-électrique du Rhin.


Sources :
base de données Mérimée et Palissy ministère de la Culture et de la Communication - direction de l'Architecture et du Patrimoine.
Dossier consultable : service régional de l'inventaire Alsace
Palais du Rhin - Place de la République 67000 STRASBOURG - 03.88.23.42.00

L'essentiel de la  notice biographique de René Koechlin est extrait de celle publiée par André Favre dans le Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse (N° 1) en 1962, dont fut tiré aussi le texte sur René K. paru dans la généalogie de 1975 (pages 14 et 15).